Questions/réponses

Questions d'adolescentes

Questions/réponses

avatar Judith

Bonjour,

Je m'appelle Judith et je voudrais vous parler de ma mère. Elle déteste par-dessus tout la mode et tout ce qui plaît, tout ce que font généralement les filles de mon âge (mode, vernis, crème de beauté, maquillage...). Mais pas moi ! Moi, ça me plaît tout ça. Elle ne me laisse jamais parler, mais en plus il y a pire : c’est qu’elle est tellement gentille avec moi que je ne veux pas la rendre triste. J'aimerais tant pouvoir choisir mes vêtements et faire comme les filles de mon âge. AIDEZ-MOI SVP !!!!!!!!

Un grand merci, Judith

La réponse de Sonia

Chère Judith,

Je comprends ton embarras : tu es confrontée à ce que j’ai appelé dans L’Encyclo une mère trop copine (alors même qu’elle n’a pas les mêmes goûts que toi). A certains égards, c’est pire qu’une maman trop sévère ! Parce que, même si c’est très difficile, il est toujours possible de s’opposer à une mère trop sévère… alors que si tu t’opposes à ta maman trop copine, « si gentille » comme tu l’écris, tu vas te sentir coupable, tu vas avoir l’impression de la trahir, de la laisser tomber. Et ça, c’est si douloureux que de nombreuses filles dans ton cas ne font rien, elles n’osent pas affronter cette culpabilité qu’elles ressentent et finissent pas ne plus vivre pour elles-mêmes mais, indirectement, pour faire plaisir à leur maman (ou à leur papa) et, ou pour la (le) gratifier. C’est très fréquent. De nombreux romans ont été écrits sur le sujet (Jane Austen, Elfride Jelinek, Joyce Caroll Oates, Agatha Christie… beaucoup de filles, comme par hasard…).

La seule solution pour toi est de sortir d’un tel système, c’est de remettre ta maman dans un rôle de mère qui ne soit pas culpabilisant pour toi. Tu m’écris : « je ne veux pas la rendre triste. » Bien sûr que tu ne le veux pas, parce que tu dois être une fille sympa, Judith, je te comprends très bien mais… un enfant ne doit pas redouter de rendre triste ses parents, ce serait terrible, ça l’empêcherait d’être libre. Idéalement, en grandissant – et après en mûrissant, en vieillissant ! – nous devons tenter de faire du mieux que nous pouvons, nous devons tenter d’être des gens biens, des individus humainement valables. Mais, dans la mesure où on y parvient, on ne le fait pas « pour » nos parents, même si c’est agréable de faire plaisir aux gens que l’on aime. Les parents doivent transmettre la loi, c’est-à-dire les règles de vie pour qu’on vive tous en société le mieux possible et dignement, autrement dit ils doivent t’élever et, bien sûr, tous les parents ou presque aiment leurs enfants. Mais, si tu y réfléchis, le fait d’élever un enfant et le fait de l’aimer sont deux choses totalement indépendantes. Si autrefois de nombreux parents s’interdisaient de montrer à leurs enfants l’amour qu’ils éprouvaient pour eux et les élevaient très durement (et les enfants en souffraient), au contraire il existe de nos jours des parents qui aiment énormément leurs enfants mais qui ne les élèvent pas beaucoup… Bref, des parents idéaux doivent parfois dire « non, c’et la loi » ; ils ne doivent en revanche jamais dire : « ne fais pas ça, tu me ferais tant de peine… moi qui t’aime tant, moi qui ai fait tant fait pour toi ».

Tout ça, ma chère Judith, il va falloir que tu le transmettes à ta maman… Et ça ne sera probablement pas facile ! L’idée est d’expliquer à ta mère : 1. Que tu l’aimes à la folie, que tu trouves qu’elle est si gentille tout ça tout ça, 2. Que ça n’a pas de rapport mais que tu grandis et que tu éprouves le besoin d’expérimenter par toi-même ce qui fait la vie des ados d’aujourd’hui, 3. Que tu comprendrais qu’elle t’interdise certaines choses ; mais que tu as du mal à accepter de ne pas faire ou, au contraire, d’être obligée d’en accomplir d’autres, pour ne pas lui faire de peine ou pour lui faire plaisir ! Bref le lien qui vous lie n’est pas, à cet endroit-là, un lien affectif : tu ne demandes pas ceci ou cela pour lui plaire ou lui déplaire. C’est juste que c’est ta vie. Et que, si tu es sa fille chérie, tu n’es pas forcément comme elle en tout. Vos différences n’entraînent pas moins d’amour !

On ne construit pas sa vie pour tenter de faire plaisir à ses parents, Judith, on fait ce qu’on peut pour vivre selon ses goûts, ses aspirations, ses rêves. C’est très difficile, d’ailleurs ! Mais si un jour tu deviens mère à ton tour, tu le ressentiras d’autant mieux que tu l’auras vécu : en tant que parent, au mieux on prépare ses enfants à vivre libres.

Je t’embrasse fort,

Sonia 


avatar Priscilla

Bonjour,

J’ai seize ans, depuis un an je me procure du plaisir toute seule (je pense que je suis plutôt clitoridienne que vaginale). Je sors avec un garçon depuis bientôt quatre mois, on s'aime vraiment beaucoup et on a déjà commencé les préliminaires, parfois on se « chauffe » au téléphone ou en message ou même quand on se voit... Je vais bientôt prendre la pilule et je ressens l'envie de le faire avec lui... Mais j’aurais bien besoin de conseils ! :) Merci, et au revoir. Priscilla

La réponse de Sonia

Bonjour Priscilla,

Tu me mets un peu dans l’embarras : non pas que je ne veuille pas te donner des conseils et des recommandations sur la sexualité, ça n’est pas ça, pas du tout ; en revanche je trouverais dommage de te donner des conseils et des recos sur TA sexualité. D’abord parce que je ne te connais pas assez pour ça. Surtout parce que l’exploration, les hésitations, les tâtonnements (au sens propre comme au figuré !) font partie de la sexualité avec un grand S, de ses délices et de ses vertiges. C’est ce qu’il y a de merveilleux dans le domaine de l’amour physique : en partant en exploration du corps de l’autre et en le laissant explorer son propre corps, on découvre des choses sur soi-même complètement dingues. C’est un peu abstrait dit comme ça, mais ce serait vraiment dommage que tu ne le découvres pas par toi-même. Sans compter qu’il est très difficile de décrire la volupté avec des mots, que les plus grands écrivains s’y sont collés et, s’ils ont trouvé des images magnifiques, la réalité est plus frappante encore. Bon. Ceci dit, pour en revenir à ton histoire, tout ça me paraît bien embarqué. Ton ami et toi avez l’air de vouloir partir en exploration ensemble justement et c’est un joli projet de voyage… Tu commences à connaître ton corps, à ressentir comment il peut te donner du plaisir, c’est très sain. Et soit dit en passant, ça me paraît plutôt normal d’être plutôt clitoridienne que vaginale toute seule… Pour ressentir un orgasme plus profond (dans le sens où le vagin est plus profond que le clitoris), il faut un peu plus de substance : ça viendra. Ou pas. S’il y avait un truc à retenir de la sexualité, c’est qu’il n’y a pas de normalité en la matière. Du moment qu’elle se passe entre personnes suffisamment mûres pour être pleinement consentantes – ce qui semble être ton cas – tout le reste n’est que littérature ! Deux avertissements pas marrants pour terminer, mais il vaut mieux y songer « avant » : pensez à utiliser un moyen de contraception (tu vas prendre la pilule, très bien !) et aussi, tant que vous n’êtes pas sûrs d’être « sains » (= pas porteurs d’une IST), un préservatif. Deux amants avertis s’éclatent mieux au lit.

Je t’embrasse,

Sonia 


avatar Lou

Bonjour Sonia !

Je m’appelle Lou et j’aurai 15 ans dans peu de temps. Tout d’abord, j’aimerais vous dire que j’adore l’Encyclo des Filles et son forum sur lequel je passe beaucoup de temps !

Voici mon problème :

Ça va faire 5 mois que j’aime un garçon. Beau, sympa, drôle, charmant... C’est un amour vraiment sincère que je lui porte !

Je lui ai dit « Je t’aime » dès que j’ai su que je l’aimais vraiment et il m’a répondu qu’il faut juste qu’il me connaisse mieux pour m’aimer pleinement...

Seulement, son comportement avec moi me donne de faux espoirs et je n’arrive plus à le cerner. Il dit qu’il aimerait que je sois son doudou, m’appelle « bébé », me dit que je suis belle/mignonne, me donne les surnoms de son ex etc...

Pourtant, au fond de moi, je sais qu’il n’éprouve rien... Enfin... Je ne sais pas... Je suis perdue !

J’ai vraiment besoin d’aide !

Gros bisous, Lou

PS : C’est bien ici qu’on pose les questions qui seront postées dans “Questions/Réponses”, non ?

La réponse de Sonia

Chère Lou,

Pour commencer par la fin, oui nous nous servons parfois de courriers comme le tien pour fournir la rubrique Questions/Réponses du site de l’Encyclo mais, dans ce cas, nous « trafiquons » les lettres afin que des gens qui te connaîtraient ne puissent pas te reconnaître justement – parce que certaines lettres sont très persos…

Concernant ton histoire d’amour, ensuite, je trouve plutôt très sensée la réponse de ton amoureux à ta déclaration d’amour… Il a raison : pour pouvoir s’aimer, il faut se connaître. Pour autant, il arrive qu’on tombe amoureux d’un inconnu, c’est un coup de foudre (love at first sight, « l’amour au premier coup d’œil » comme disent les Anglais), et on le pare de toutes les qualités dont on rêve chez l’autre… C’est vrai. Ça arrive, et même assez souvent. Mais, après, ce genre d’histoire ne dure pas forcément parce que, justement, il est rare que l’autre en question recèle toutes les qualités dont on rêve. Bref, tout ça pour te dire que ton copain a répondu pertinemment à la question sous-entendue que tu lui posais : est-ce que lui t’aime ? Et là, je trouve que tu conclus un peu vite qu’il ne t’aime pas vraiment ! Qu’en sais-tu, finalement ? Il joue un peu avec toi, d’accord ; il doit être touché, flatté peut-être, d’être l’objet d’attention d’une fille sincère et droite. Mais pourquoi penses-tu que tu ne sortiras jamais avec lui ? Il te donne un bon conseil finalement : apprenez à vous connaître ! Plutôt que de te triturer les neurones et te torturer le cœur pour savoir s’il t’aime, fonce dans le concret : propose-lui de passer des moments avec toi. Pas forcément tous les deux. Ce peut être de participer à la vie associative de ton collège, de prendre part ou d’aller à une brocante, d’aller au cinéma ou à la piscine (avec d’autres copains et copines, ça lui mettra moins la pression !), etc. Agis, tâche de devenir sa copine… avant de rêver à devenir sa « petite » copine. Après tu verras… et tu auras probablement bien davantage de raisons d’espérer !

Bonne chance, Lou, je croise les doigts pour toi ! Et bonne rentrée, c’est d’actualité. Serez-vous tous les deux dans la même classe ?

Je t’embrasse,

Sonia 


avatar Mathilde

Je m'appelle Mathilde, j'ai 14 ans.

Je sais que je suis gay. Je sors depuis plusieurs semaines avec une fille. Je ne sais pas comment le dire à mes parents, à mes amis.

La réponse de Sonia

Chère Mathilde, 

Je comprends ton trouble et ton embarras… je mesure ta chance aussi : tu n’es pas seule, tu vis un beau début d’histoire avec ton amie, tu palpites ! Ne perds pas de vue ce bonheur, ne le laisse pas gâcher par les peurs et les préjugés d’autrui. Profite de tout, de chaque instant, de chaque baiser, de tout ce que vous partagez, elle et toi. Bon, ensuite, on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche et, si l’amour est une évidence avec l’être chéri(e), il ne l’est pas toujours pour autrui. Donc, là, surtout ne t’inquiète pas, Mathilde, et ne culpabilise pas d’être inquiète de la réaction de tes parents : ça n’est pas toi qui a un problème, mais d’autres que toi qui ont potentiellement un problème avec l’homosexualité. A te lire, tu me sembles très "droite dans tes bottes", et je ne pense pas que tu culpabilises, mais on va dire que ça va toujours mieux en le disant/en le lisant.

D’abord, est-ce que tu as une idée de comment tes parents vont réagir ? Et tes amis ? Parce qu’on n’agit pas forcément de la même façon si on s’attend à une hostilité violente et assumée, ou si on se demande « tiens au fait, comment ils vont réagir, eux qui sont plutôt cools ? » A douze ans aussi, on n’agit pas comme à dix-huit. Si tu penses que tes parents vont te mettre dehors, leur dire n’est pas une chose à prendre à la légère. Et hélas le cas peut arriver. Comme évidemment je ne connais ni tes parents, ni ton entourage je ne peux te conseiller là que des généralités. Je pense que tu pourrais commencer par te renseigner, sur Internet regarde les expériences de ceux et celles qui ont vécu cette angoisse de l’annonce – peut-être l’as-tu déjà fait. Tu peux aussi consulter/appeler la Ligne Azur, site ou numéro de téléphone (www.ligneazur.org et 08 10 20 30 40), dispositif de lutte contre l’homophobie, sur lequel des personnes pourront t’écouter et te répondre. Enfin, il y a sûrement parmi tes ami(e)s, cousin(e)s, des personnes plus proches, et spécialement ouvertes : tu pourrais en parler d’abord à l’une d’entre elles. Peut-être tes parents seront-ils plus réceptifs à ton histoire si tu as un soutien dans la famille, un oncle ou une tante, une cousine ou un cousin qui pourront t’aider à le dire, jouer un peu le rôle de médiateur si jamais ton entourage proche avait du mal à te comprendre et à accepter ton amour. Commence par-là à mon avis : trouve qui, dans ta famille, sera le plus à même de t’aider, il ou elle pourra certainement t’aider à aborder le sujet avec les tiens, dans un deuxième temps.

Le monde de la fiction peut t’accompagner ensuite. Il se trouve que j’ai lu, la semaine dernière, un très beau roman sur le sujet : Le blues des petites villes, de Fanny Chiarello (éd. Ecole des loisirs). L’histoire te parlera sûrement, et le thème de l’homosexualité est abordé de façon très intelligente et sensible j’ai trouvé. Cela pourra te donner matière à réfléchir. Enfin, as-tu vu le film « La Belle Saison », sorti ces jours-ci ? Ou « La vie d’Adèle » ? D’autres que toi les ont-ils regardés dans ton entourage ?… Cela pourrait faire office d’entrée en matière : tu collerais une des affiches (peut-être pas les deux ;-) dans ta chambre pour voir les réactions. Cela te permettrait de « sentir » un peu les choses, de comprendre peut-être l’attitude de tes parents par rapport à l’homosexualité en général pour pouvoir leur expliquer ensuite d’une façon plus pertinente ce que tu vis.

Je te souhaite bonne chance, Mathilde, et d’être heureuse, envers et contre tout, contre tous.

Je t'embrasse fort,

Sonia


avatar Oriana

Bonjour !
Je voulais vous demander conseil. Il y a quelques mois je suis sortie avec un garçon. On s’est séparé. Et là, voilà qu’une de mes meilleures amies m'a annoncé qu'elle aimait notre ami.
J'ai été SUPER contente pour elle, mais depuis peu de temps je suis un peu verte ! Grompf… Car je me rends compte que ce même garçon m'attire... Mais je ne veux pas tomber amoureuse de lui car cette meilleure amie l'aime beaucoup (même si lui n'a pas donné suite en lui disant qu’il ne la considérait que comme une amie.)
Le plus terrible est qu’il semble m'apprécier également.
C'est extrêmement compliqué pour moi et je me sens mal.
Un ou deux conseils pour moi s'il vous plait?:)

Oriana

La réponse de Sonia

Chère Oriana,

Oula, le moins qu’on puisse dire est que la situation est compliquée... parce que, dans votre histoire, très classique mais ça ne fait pas vraiment avancer les choses de le dire !, eh bien voilà : personne ne se positionne vraiment ! Le garçon dont tu parles, en définitive, tu ne sais pas de qui il est amoureux, de ton amie, de toi... ou de quelqu’un d’autre ! Ta copine, elle, semble s’être fait tenir à distance par ce garçon, pendant que toi tu crains de la blesser, mais qu’est-ce qu’elle en pense, elle ? Et toi, finalement, ce garçon il t’attire jusqu’à quel point ? Tout ça est pour l’instant bien enchevêtré...

Après, même si ça n’est que moyennement réconfortant, dis-toi bien, Oriana, que ça fait partie du jeu de l’amour ou, au moins de celui de la séduction, que de jouer ainsi au jeu du chat et de la souris. Si tout était trop simple en amour, ça ne serait pas si trépidant... Mais, quand même, un peu de clarté ne nuit pas !

Donc, tout ça pour te dire que je te conseille d’aller voir ce garçon. Là, deux voies possibles : soit tu es très franche (après tout vous êtes déjà sortis ensemble) et tu lui dis tes sentiments... (une fois que, toi, tu te seras positionnée, lui pourra le faire à son tour... Si non, laisse tomber !), soit tu procèdes à des travaux d’approche : tu lui proposes des petites activités, des moments partagés, histoire de vous rapprocher. Tu verras bien !

Bon courage, Oriana, je t’embrasse, Sonia 


avatar Elena

Bonjour,
J'ai 13 ans et un problème. Je ne suis jamais tombée amoureuse, du moins pas « totalement ». Disons que j'ai eu des sentiments pour un garçon il y a quelques mois déjà. Il s'est même avéré que ce garçon m'aimait, mais bon. Ce qui est important c'est que ce même garçon est probablement amoureux de moi aujourd'hui !!! Sauf que, moi, je ne connais pas la nature de mes propres sentiment maintenant. En plus, un autre garçon m'a dit être amoureux de moi et, là encore, je ne sais pas si j'ai des sentiments à son égards ou si je ne me sens que flattée !

Cordialement, 
Elena

La réponse de Sonia

Chère Elena,

Pas facile de te répondre ! Dans l’univers des sentiments, comme disait un grand moraliste : rien n’est vrai, rien n’est faux, et l’inverse est juste aussi.

Mais bon, si je te réponds ça, tu ne seras pas très avancée. Déjà, une chose me frappe, Elena : tu dis que tu n’es jamais tombée amoureuse… j’ai un peu du mal à te croire, en fait. N’as-tu jamais rêvé à quelqu’un le soir en t’endormant ? Ne t’es-tu pas sentie parfois obsédée par un élève de ton collège ou de ton lycée (ou même de ton école, autrefois, quand tu étais petite…) dont le prénom t’évoquait le bonheur, qui te rendait un peu gauche, balbutiante, qui te faisait perdre tes moyens ? On ne s’entend certes pas tous et toutes pour définir précisément ce que veut dire « tomber amoureux ». Et d’ailleurs toi-même semble t’interroger quand tu dis que tu n’es « jamais tombée amoureuse, du moins pas totalement ». Tomber amoureuse, c’est être très attirée. L’amour, après, il se construit, et c’est tout le contraire d’une chute ! Sans doute es-tu très exigeante, Elena, et tu ne veux pas te contenter de Machin sort avec Machine le temps d’une sortie scolaire ou d’une soirée, puis Trukita sort avec Trukito quelques jours et puis s’en vont, ces jeux de drague et de séduction pas très sérieux, ces amourettes par textos qui ne sont pas des grandes palpitations. Tu as tout le temps et le droit d’être exigeante, personne ne va te blâmer pour ça, en tout cas pas moi. L’amour est une des grandes affaires de la vie, quand même…

Avant que les corps ne s’expriment : frôlements, câlins, baisers et tout ça, l’amour commence toujours par une rencontre. Si tu doutes de toi, ne t’inquiète pas et prends donc le temps de les rencontrer, ces garçons qui te touchent. Passe du temps avec l’un et avec l’autre, essaye de les connaître mieux et, surtout, sans te mettre martel en tête profite de ces moments partagés. Si vous devez aller plus loin, chère Elena, tu le ressentiras. Ce sera une évidence. L’amour est très difficile à définir. Mais quand on le rencontre, presque toujours on sait le reconnaître.

Un dernier conseil, enfin : si tu t’interroges sur l’amour, lis et regarde ! BD, romans, nouvelles, séries, films… quelle histoire ne parle pas d’amour ? Certaines nous font palpiter davantage que d’autres. Elles sont souvent le révélateur à notre propre cœur de notre façon d’aimer.

Je t’embrasse fort Elena,

Bon courage,

Sonia


avatar Cindy

Bonjour, je me nomme Cindy, j’ai 15 ans et je vous écris car je ne me sens vraiment pas bien…
En fait j’avais rencontré un ami super, lui a vite eu des sentiments pour moi (enfin c’est ce qu’il disait car je suis maintenant persuadée que c’était faux) et puis après plusieurs mois de grande amitié mélangée d’amour (nous partagions tout ensemble, nous nous parlions comme deux personnes qui s’aiment vraiment, nous nous sommes embrassés plusieurs fois…), il a commencé à s’éloigner de moi puis nous nous sommes disputés à cause de cela et nous ne nous sommes ensuite plus parlé car son meilleur ami m’a dit qu’il en avait marre de moi car apparemment je ne me décidais pas, qu’il n’avait plus envie de rien avec moi, qu’il avait rencontré une autre fille, et qu’il allait avoir 17 ans donc qu’il faudrait qu’il se dépêche un peu pour baiser (excusez-moi de l’expression mais c’est comme cela qu’il l’a interprété).
Voilà donc je suis complètement désespérée car je croyais que cette personne était réellement quelqu'un de bien et je l’aimais comme je n’ai jamais aimé quelqu'un, il m’a énormément déçue et je me demande si j’arriverai à l’oublier un jour et à aimer quelqu'un d’autre.
J’espère que vous pourrez m’aider et merci d’avance… 

La réponse de Sonia

Chère Cindy,
Je compatis à ton histoire car ce que tu vis est bien triste, très triste... quoique très courant. Ce que je vais te dire est un peu cash et prends le temps de le digérer, mais voilà : il ne faut pas s’en désespérer, les filles ne vont souvent pas à la même vitesse que les garçons ; au même âge, les unes et les autres peuvent avoir des centres d’intérêt différents (en schématisant très grossièrement, les garçons pensent davantage à la sexualité, les filles à l’amour). Donc, excuse-moi je commence par le général mais voilà : ne te dis surtout pas que tous les garçons sont comme ton ami qui par ailleurs est peut-être, très certainement, un chic type mais pour l’instant il est hésitant (comme l’a écrit Rimbaud « on n’est pas sérieux quand on a 17 ans »), très préoccupé par le sexe (c’est la grande affaire des adolescents qui ont tendance à vivre trop leurs premières expériences comme des examen, du coup les sentiments passent après).
Du coup, et j’en viens à ton histoire particulière, sois indulgente avec ce garçon mais ne te laisse surtout pas « marcher sur le cœur » : tu es à cet âge fragile et merveilleux où quand on aime c’est à fond, de façon absolue – il ne faudra jamais changer ! – et où on a envie d’aimer, d’exprimer toute cette vie qui nous emplit, nous bouleverse. Aussi quand on rencontre un garçon qui nous plaît, on s’investit intensément dans cette relation. Manifestement ton ami tient très fort à toi ; je suis sûre que c’est vrai : votre relation passée le prouve, mais sans doute a-t-il eu un peu peur de la force, de l’intensité de tes sentiments à toi. Et ça, c’est très triste mais on ne peut pas forcer quelqu’un à nous aimer comme nous on l’aime. En revanche, petit conseil : s’il tient à toi mais que la puissance de ton amour l’effraie un peu, ne lui « mets pas la pression », prends un petit peu tes distances, prends de ses nouvelles régulièrement mais sans forcément exiger de réponse immédiate en retour, sois patiente...
Concernant le fait de faire l’amour (« la baise », comme il est dit très élégamment...), alors là, en revanche ne sois pas indulgente du tout, sois très claire et très ferme : si tu n’en as pas envie, que tu ne te sens pas prête, c’est toi qui décides. Personne d’autre. Et nul n’a à te juger pour cela. Il faut le lui dire. S’il ne respecte pas cela, c’est qu’il n’est pas encore assez mûr, que sa propre sexualité l’angoisse tant qu’il n’est pas capable de te prendre en compte. Ca ne fait pas forcément de lui un « c....d fini » en revanche, dans ce cas, prends tes distances. Je sais que tu ne vas pas me croire car tu dois être très triste en ce moment : mais, petit à petit, tu éprouveras le besoin de ressortir, à nouveau, de rencontrer de nouvelles personnes, tu remarqueras un jour un autre garçon et... lui sera peut-être prêt à recevoir ta passion.
Je t’embrasse, Cindy, bon courage,
Sonia


avatar Clémence

Bonjour,
Je m'appelle Clémence et j'ai un problème : depuis pas mal de temps, je suis amoureuse d'un pote (on n'est pas amis, juste potes). Au début, j'étais perdue mais après, je me suis rendue compte que j'étais vraiment amoureuse de lui.
Une amie m'a conseillée de lui en parler mais je suis extrêmement timide malgré mon âge, 17 ans au mois de mars.
À chaque fois que je le vois, je me sens hyper oppressée et mon cœur bat hyper fort. Il m'a déjà dit 2-3 fois que j'étais belle mais pas en me le disant directement. Au nouvel an, par exemple, il m'a dit « Bonne année ma belle, j'espère que t'auras plein de "moi" auprès de "toi" ».
Que faire ?
Merci <3

La réponse de Sonia

Bonjour Clémence,
D’abord, ne t’excuse pas d’être timide... Et aucun rapport avec ton âge. On peut être timide à tout âge ! Ça n’est pas une tare, la timidité. Après, si tu en souffres vraiment trop, c’est autre chose.
Mais, en l’occurrence ça me semble bien naturel de ne pas oser avouer un sentiment aussi important que l’amour à un garçon ! Si c’était facile, ça se saurait !
Ton histoire me semble jolie et bien partie : tu ne l’as pas aimé tout de suite, écris-tu, c’est plutôt sain car, pour s’aimer, il faut se connaître ! Donc, c’est une bonne chose : déjà vous vous aimez « bien ». Je trouve que tu dis les choses de façon très belle et bouleversante. C’est stressant d’avoir le cœur qui bat hyper fort mais ça prouve qu’on est intense, bien vivante. C’est beau.
Côté conseils. D’abord, vu ce que tu dis, je pense qu’il tient à toi et qu’effectivement il te trouve belle et qu’il a envie de compter à tes yeux. Aussi, à mon avis, tu n’as pas grand chose d’autre à faire que de le voir... Etant donnée votre proximité, ne te sens pas obligée d’aller lui parler clairement. Propose-lui des sorties, des moments tous les deux, des activités... Tu verras bien. Sois lucide : ne lui mets pas non plus trop « de pression », laisse-le respirer, l’amour, non plus que l’amitié, n’est pas une cage ; sache te retirer un petit peu si tu sens qu’il se raidit, qu’il s’écarte un peu de toi. Vas-y doucement mais sois présente. Et fais-toi la plus jolie possible quand tu vas le voir... Je suis sûre que c’est ce que tu fais déjà !, mais c’est juste que les garçons sentent ces choses-là. Et il n’y a pas que les mots pour dire les choses, il y a aussi le langage du corps. Bonne chance, Clémence !
Je t’embrasse, Sonia 


avatar Delphine

Bonjour je suis Delphine, j’ai 12 ans et je suis en 6ème. J’ai lu L’Encyclo des filles 2014 et je la trouve super. Mon problème est que j’ai peur du collège : les 5ème et 3ème m’insultent et je me laisse faire car j’ai peur qu’on se bagarre et je ne sais pas me battre donc je ne veux pas de problème. Ils m’insultent alors que je ne les connais pas et on va dire que j ai un caractère un peu fort donc quand je m’énerve je suis obligée de pleurer, c’est au-dessus de mes forces. Du coup, je n’arrive pas à me faire des nouvelles amies. Aidez-moi !!!!!!

La réponse de Sonia

Chère Delphine,
Merci pour ton compliment qui nous va, Catel, toute l’équipe de Gründ et moi, droit au cœur. En ce qui concerne ton problème, il me semble que tu souffres énormément et il faut absolument aller en parler à un adulte qui puisse t’aider. Il n’est pas normal qu’au collège, les professeurs et l’administration laissent des élèves en insulter d’autres. Cours voir ton professeur principal, le CPE, parles-en à tes parents aussi évidemment car il ne faut pas laisser s’installer la loi du plus fort. Certainement que tes parents pourront te conseiller et, ou aller rencontrer un professeur de ton collège pour t’aider à expliquer ce qui se passe et ce que tu ressens. Quand d’autres perçoivent ta sensibilité et ta vulnérabilité, et en profitent pour te malmener, c’est très difficile de te sortir de cette situation seule et c’est normal ! C’est pour ça qu’il faut que tu en parles à un adulte aussi. Parce que, pour le coup, cette situation n’est pas normale du tout, je compatis à ta souffrance ; et je pense à toi très fort aussi, car tu dois te sentir bien seule. Ne t’en veux pas de pleurer et de t’énerver, quand on a mal, c’est inéluctable : la douleur, il faut qu’elle sorte. Mais, au vu de ce que tu m’écris, je sens que cette souffrance te détruit aussi et, là, il faut que tu réagisses. Tu peux aller parler à l’infirmière du collège aussi, ou à un médecin. Courage, Delphine, on est avec toi,
Je t’embrasse, Sonia


avatar Perrine

Bonjour je m'appelle Perrine et j'aimerais avoir des conseils... Voilà : un nouveau a débarqué dans mon collège, je suis tombée amoureuse mais je ne sais pas s'il m'aime. Même s'il me regarde en classe et qu'il me fait des sourires, ça ne veut rien dire... et puis il me demande toujours mon agenda alors qu'il a des potes, il n'y a pas que moi... alors je ne sais pas, je voudrais savoir pour être fixée mais je ne sais pas comment faire ?
Merci de m'aider à résoudre ce problème !

La réponse de Sonia

Chère Perrine,
Tu es confronté à un problème assez courant mais très difficile à résoudre : comment savoir si un garçon t'aime ? Surtout si tu es amoureuse de lui... parce qu'on a tendance à perdre son bon sens quand on a le cœur chaviré – en même temps, c'est ça qui est si délicieux. Écoute, je trouve que, déjà, tu raisonnes très bien en observant qu'il te demande à toi ton agenda alors qu'il a d'autres copains à qui il pourrait réclamer de l'aide... Effectivement, tu te poses la question dans le bon sens : à la question « fait-il ça parce qu'il m'aime ? », tu ne peux pas répondre (personne ne le peut, c'est trop compliqué, ça dépend trop des individus, et quelle est l'intensité de l'attirance qu'ils éprouvent). En revanche, à la question : « est-ce qu'il ferait ça s'il n'était pas attiré ? », là, c'est beaucoup plus facile de répondre ! Et, clairement, s'il n'était pas un peu attiré par toi, il ne se comporterait pas ainsi ! Par exemple, si tu ne lui plaisais pas du tout, s'il te trouvait lourde, tu as bien raison : il demanderait leur agenda à ses potes à lui ! Donc, tout ça pour te dire que je pense que tu es sur la bonne voie.
Après, concrètement, je te conseille de petits travaux d'approche : à ton tour de lui demander son cahier ou son agenda, pour voir comment il réagit ; progressivement, propose-lui, mais sans t'imposer, des choses, des activités de plus en plus claires. Par exemple, si tu as vent d'une fête, propose-lui de t'accompagner... Vas-y progressivement, tout doucement. Il va bien arriver un moment où les choses seront claires.
Je t'embrasse Perrine, bon courage,
Sonia


avatar Alice

Bonjour, je m'appelle Alice. Et j'ai douze ans. Je vous écris pour vous parler d'un problème qui dérange beaucoup ma vie... Je fais encore pipi au lit [...] Et je me demande pourquoi je fais encore pipi au lit la nuit, et jusque quand ça va durer, cette affaire-là. J'aimerais que vous parliez un peu plus de ce genre de maladie, en espérant recevoir une réponse vite. Merci d'avance !

La réponse de Sonia

Ma chère Alice,
Merci beaucoup pour ta jolie et gentille lettre toute colorée. Pour le pipi au lit la nuit (les médecins appellent ça l'énurésie, je ne sais pas si tu le sais), je comprends que cela te dérange beaucoup : d'abord c'est très handicapant si tu veux aller dormir chez une copine ou en colo etc. ; par ailleurs c'est très perturbant de ne pas savoir pourquoi tu fais pipi au lit, comme ça, la nuit... En fait, sauf cas très rare, on ne peut pas parler de « maladie » (il n'y a pas de microbe, ou pas de malformation qui fait qu'on fait pipi au lit) ; en revanche on peut parler de « trouble » : tu fais pipi au lit certainement parce que quelque chose te pose problème, te trouble, sans que tu en sois vraiment consciente, sans que tu puisses l'exprimer avec des mots. Ce peut être une question toute personnelle, de place dans la famille, de manque de confiance en toi, en tout cas quelque chose qui te concerne et te touche très fort. Comme tu n'es plus une petite fille (à 12 ans tu es presqu'une ado), il pourrait être utile pour toi d'aller en parler à ton médecin généraliste, ton pédiatre peut-être (mais c'est peut-être déjà fait) ou alors à un psy... (regarde cette entrée dans ton Encyclo). Parles-en aussi à tes parents ainsi : en leur disant que cela te pose un gros problème dans ta vie et que tu as beoin d'entreprendre quelque chose pour que cette énurésie s'arrête. Voilà, bon courage à toi, Léa.
Je t'embrasse fort,
Sonia


avatar Morgane

Bonjour, je m'appelle Morgane, j'ai 13 ans et je me sens un peu coincée au collège surtout quand je dois me faire belle, je ne me maquille pas et je m'habille sans trop oser l'originalité. Suis je trop naturelle, bizarre ? J'attends votre réponse.

La réponse de Sonia

Bonjour Morgane,
Mais non, tu n’es pas bizarre !... Ou alors... nous le sommes toutes, et tous ! Et on n’est jamais trop naturelle. Je pense plutôt que tu ne te connais pas encore très bien, ce qui est vraiment très normal à ton âge – c’est l’inverse qui ne le serait pas. Du coup tu n’oses pas encore te mettre en avant, d’autant plus que tu ne sais sans doute pas comment te mettre en avant. Ce peut être un peu difficile voire douloureux à vivre, mais d’une part, dis-toi que la plupart des jeunes de ton âge sont comme toi, d’autre part tu as le courage de ne pas « faire comme si », de ne pas jouer un rôle. Ça c’est un gage d’authenticité, de vérité et peut-être souffres-tu un petit peu, t’interroges-tu, mais au moins tu es vraie. Ne perds jamais cela ; c’est beau et c’est précieux.
Après, côté conseils, en voici deux :
1) ce que tu n’oses pas (encore) au collège, tu peux l’oser, beaucoup plus tranquillement, chez toi, bien enfermée dans ta chambre ou dans la salle de bain. Là, procède à des essais de tenues, de maquillage, d’attitudes, de ce que tu veux. Sois indulgente avec toi-même, mais lucide aussi. Peu à peu tu trouveras ce qui te convient, ce qui fait que tu te sens belle, que tu te sens toi. Bon, sois patiente : ça prend du temps. Il ne faut pas être trop pressée, or nous vivons dans une société où tout le monde est pressé !
2) N’hésite pas à te tromper. Sans erreur, il n’y a pas de vie. Ça n’est pas grave si un jour tu as un maquillage qui te fait ressembler à un groupe de métal des années 1980 ! Pas grave non plus si un de tes tops est trop flashy, pas assorti à ta tenue ! Des « fashion faux-pas » comme disent les modeuses, on en a toutes faits, justement quand on se cherchait. On a toutes été coiffées un jour comme un plumeau à poussières, on a toutes eu la tronche de Dracula... Aucune fille n’en est morte à ma connaissance. Avec le recul tu verras tu trouveras que c’est plutôt... touchant. Bon d’accord, pour l’instant c’est surtout la honte. Dans ces cas-là, retourne plus tranquillement au 1)...
Enfin, Morgane, n’oublie pas : la grâce le style et la beauté n’ont presque rien à voir avec les fringues et le fard. Être belle et naturelle c’est être vraiment belle !
Bises, Sonia